De la folie dans mon AMV

Et si on parlait M@Ds

M@D : Trois lettres dont j’ignore en fait le sens maintenant que j’y pense. Même en faisant un petit tour sur le lexique d’AMV France, je me rends compte qu’elles ne sont pas explicitées. Et même que la définition donner laisser un peu à désirer.

Pas plus mal, bien que n’étant pas un grand connaisseur de la question, je vais m’amuser à dire ce que sont les M@Ds d’après moi!

Certains diront que les M@Ds ne sont qu’une sous catégorie des AMVs, en ce qui me concerne, je ne partage pas cette vision. C’est selon moi un genre à part entière que ne peut résumer comme tel.

Depuis le début des années 2000, les M@Ds ont représenté aux yeux des AMV-Makers, dont je fais partie, des vidéos à la technique incroyable, où Photoshop et After Effects étaient maîtrisés d’une manière époustouflante. Effet de profondeur assimilé 3D, environnement graphique, police et intégration de textes, tout va dans un but purement esthétique finement pensé afin de rendre hommage principalement à une catégorie bien particulière de la culture otaku : Les Visual Novels. Que sont les Visual Novels?
Ce sont, eux aussi, une catégorie bien particulière du monde vidéo-ludique : on pourrait les résumer à des livres interactifs faisant office de jeu-vidéo. Très souvent, ce sont la création d’amateurs japonais. Très souvent aussi, ils sont assimilés au genre harem, voire hentai, tant le nombre de ces « livres » contenant un récit basé sur une romance est considérable, en témoigne d’ailleurs le nombre d’animés étant adaptations de VN (Air, Higurashi, Tsukihime, Fate Stay Night, Shuffle et plein d’autres). Certes, ces jeux ne se limitent pas à cette seule romance, souvent elle vient s’ajouter à des évènements tragiques (snif).


MAD Memory

Bref, tout ça pour dire donc que les VNs sont la source principale des M@Ds. Les plus perspicaces auront donc tirer une explication simple du pourquoi ils sont si travaillés techniquement :

Cette source se révélant être des livres interactifs, les images sont donc principalement fixes, ici pas de beau mouvement de caméra, pas de mouvement dans les scènes. Non, tout, absolument tout doit être créé de la main même du créateur. En créant son propre environnement, il va ainsi faire de son mieux pour attirer l’attention du spectateur, qui, à défaut de comprendre ce qu’il se passe, prend plaisir à juger du travail de l’auteur.

Comme leurs sources, les créateurs de M@Ds sont aussi très majoritairement japonais, ce qui est aisément compréhensible le genre du VN ne s’exportant pas vraiment (faut dire que, parfois, niveau légalité, le contenu de certains est pas vraiment clean). On peut même pousser le bouchon plus loin en disant que les Japonais ne font pas d’AMVs « classiques » mais uniquement des M@Ds.

Fait étrange, il est rare de voir un M@D dépasser les 3 minutes, pourtant, sur une vidéo, même très courte autour de la minute 30, on peut trouver facilement plusieurs créateurs s’étant associés sans pour autant ressentir un changement de style en passant de l’un à l’autre. Ceci étant, il est parfois très difficile de savoir qui est derrière un M@D, on ne sait pas forcément si un pseudo représente une personne ou un groupe. Quoi qu’il en soit, ils travaillent tous dans une même direction : le tribute au VN utilisé. J’insiste un peu sur le côté Visual Novel, peut-être un peu trop, je tiens quand même à préciser qu’il n’est toutefois pas rare de voir des animés utilisés en M@Ds, seulement, encore une fois, aucune scène animé n’est utilisé, comme un VN, l’auteur va se contenter de plans fixes qu’il travaillera comme bon lui semble.

J’ai dit au tout début, ne pas être un grand connaisseur de la question et pour cause, dans la majorité des cas, je hais mais alors je hais vraiment la source audio. Autre élément important du M@D, on a souvent le droit à des musiques qui me sont simplement insupportables faisant définitivement perdre foi en l’existence de Dieu (Il ne pourrait permettre de tels massacres sonores).

La musique est en fait une des 2 choses faisant défaut au M@D, expliquant sa faible popularité parmi les AMV-Makers jusqu’à très récemment, l’autre chose étant la frontière séparant AMV et M@D.


MAD Sur Hidamari Sketch au titre que je ne sais pas lire (pas trouvé de lien dl, désolé)

Les bases de l’AMVs se situent à des années lumières des bases du M@D. En soi, c’est évident, l’un et l’autre ne travaillant pas avec la même matière. La notion de montage est perçue de manière complètement opposée, l’exploitation de la musique aussi. Un AMV-Maker accordera toujours plus d’importance à la synchro qu’un créateur de M@D, donnant ainsi l’impression qu’en dépit de l’aspect technique du M@D la musique ne sert pas à grand chose, tout du moins qu’on porterait le même jugement à la vidéo si une autre était utilisée.

Après les plus perspicaces, venons-en aux plus attentifs des lecteurs : vous avez peut-être remarqué que j’ai dit ce que les M@Ds ont représenté aux AMV-Makers. Depuis quelques temps, on peut remarquer un intérêt marqué de certains clippeurs pour le genre du M@D, clippeurs qui iront parfois jusqu’à s’essayer eux-mêmes à l’exercice. Prenant enfin conscience de leur potentiel, ils s’essaient à pousser leur connaissance de leurs logiciels plus loin de cette manière. La tentative se révèle alors forte intéressante grâce à de nombreux points :

– Les choix musicaux n’ont rien à voir avec des M@Ds classiques

– Les textes sont en Anglais, ce qui est toujours plus compréhensible que le Japonais

– L’éventuel manque de maîtrise d’un clippeur face à un créateur de M@D classique se compense par une illustration de la zik plus proche de la « mentalité » AMV

De tout cela, on finit par obtenir des M@Ds relativement uniques, certainement pas les plus impressionnants mais intéressant de par l’envie d’associer 2 mondes finalement pas si proche que certains pourraient le croire.

Plusieurs clippeurs connus se sont déjà lancés dans l’expérience dont parmi eux, Vann ou encore Kain-x-Spirits ayant eu des retours globalement encourageants pour la suite de l’exercice.
Grâce à ces clippeurs, mon intérêt pour les M@ds devient un peu plus fort et j’espère voir la frontière entre eux les AMVs définitivement s’effacer car quelque chose me dit que le résultat ne peut être que somptueux.


MAD Pandemonium de Kain-x-Spirits

      2 comments for “De la folie dans mon AMV

    1. Kain-x-Spirits
      11 mars 2011 at 14:46

      J’ai bien aimé ton article :) Ca présente bien la chose.
      Ça aurait été bien peut-être de préciser les diffèrent type de m@d. La plupart sont des seishiga mad, mais y a aussi les unison mad par exemple(en recréant un opening avec un autre VN ou anime).
      Y a encore pas mal de truc a développé, et c’est vrai, que maintenant que tout le monde peut avoir un peu de technique assez facilement (graçe à tout les tuto, kramer and co) finalement les m@d deviennent plus accessible pour nous.
      J’éspere qu’on verra plus de mad-maker français now :p

    2. 11 mars 2011 at 21:27

      Très bon article qui explicite bien le concept de M@D (j’ai appris même quelques trucs sympas sur les VN).
      Effectivement tu parles beaucoup de VN. Mais si on prend l’exemple de Beast Within, on peut considérer ça comme un M@D vu que la source originelle est un manga (enfin des scans) ?
      Personnellement j’ai une petit préférence pour les M@D ayant pour source un manga car :
      1/ Plus connu du public, les VN étant comme tu dis sont vraiment restreintes au public japonais. Et personnellement ce moyen de lecture est pas ce qu’il y a de plus agréable.
      2/ Donc plus souvent réalisé par les clippeurs occidentaux (pas que ça rentre vraiment en ligne de compte) mais on peut au moins faire savoir notre ressenti au clippeur concerné.

      Sinon y a un M@D sur Vagabond qui était vraiment bien foutu, fait par un japonais, et surtout pas sur une musique J-pop: Kinesics
      http://amvnews.ru/index.php?go=Files&in=view&id=1019

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