Gloubi-Boulga…

… ou l’indigeste compil rétro.

 

/!\ Pour une meilleure lisibilité et plus de confort, cet article est découpé en six pages /!\

 

Vous avez la semaine ? Parfait. Billet gargantuesque en approche.

Pour cette entrée en matière, je m’épargne le traitement de l’actualité vidéomationnelle et l’usage de la critique pointilleuse requise pour m’imposer un tout autre exercice : celui de regrouper une vingtaine de clips au total (quinze sur cette première page, un sur chacune des cinq suivantes), datés de 2000 à 2008, ayant en commun d’avoir étoilé les yeux de jeune clippeur que j’étais il y a de cela maintenant -déjà- quatre ans. La tâche ne fût pas aisée, beaucoup sont morts sur le chemin menant tortueusement à ce billet, mais je suis plutôt satisfait des vingts survivants. C’est donc avec un plaisir certain -mais aussi une petite dose de nostalgie- que j’entame maintenant leurs présentations.

n.d.l.r : comme vous le constaterez, il n’y a sur cette première page que 15 clips, présentés de manière extrêmement succincte. Les 5 derniers, mes favoris, font l’objet d’un peu plus d’attention dans les pages suivantes (n’oubliez donc pas de cliquer !).

n.d.l.r² : il s’agit ici d’une compil plus ou moins old school basée sur les traces qu’ont pu me laisser certains clips. Ce n’est donc pas un classement et les critères de sélection ne prétendent à aucune objectivité. D’ailleurs, je ne serai que peu critique.

n.d.l.r³ : sur cette première page, passez votre curseur sur les images pour connaitre leur identité ; cliquez pour regarder/télécharger.

 

Let’s go !

 

# Believe (2000), Time Waits For No One (2007) & Forget Me Not (2008)

On ne présente plus Kevin Caldwell, dont les premières productions datent de 1996 (!), ancêtre parmi d’autres de l’AMV tel qu’on le connait aujourd’hui. Believe, daté de 2000, est porté par une musique assez remarquable de Franka Potente et un montage dont je n’ai, personnellement, toujours pas fini de tirer des enseignements.

Sur le registre de l’émotion, Time Waits For No One d’AtomX (ou Brad) illustre à peu près le récit de La Traversée du Temps, qui en constitue d’ailleurs la source visuelle. On est techniquement loin de Time (Qwaqa), mais l’efficacité du montage lui permet de ne pas avoir à rougir.

Forget Me Not. Si je ne devais garder qu’un seul GMV sur l’univers Final Fantasy, il est possible que ce serait celui-là. Après avoir effectué un sacré taff de remise à niveau sur les sources, Undeadborn nous invite à parcourir une ligne du temps plutôt tortueuse et s’amuse à jouer avec notre frustration.

 

# Beautiful Earth (2004), Into The Fire (2005) & Undiscovered Countries (2006)

Beautiful Earth, de Fluxmeister/NHMK, c’est un peu le Beatings of my Earth (SoH) de l’Oregon. Le premier, dont la musique est certes moins lyrique, reste tout de même selon moi plus poignant et mieux monté. Et puis, c’est le premier que j’ai découvert… Quoi qu’il en soit, l’un et l’autre nous narrent une fable écologique au travers de la série Earth Girl Arjuna.

La SMAHUT, une ancienne team composée de Dark-Krystal, LCY84, Nestie & Olw, décide un jour de s’organiser une petite semaine durant laquelle chacun des membres clippera la même musique (Into the Fire de Thirteen Senses), sur le même anime (Kenshin). L’objectif est alors de mixer l’ensemble des clips pour finalement ne garder que le meilleur de chacun : c’est de cette manière que nait Into the Fire, un ‘Multi Editors Project’ (MEP) beau et touchant.

WalterScott (qui tient son pseudonyme d’un remarquable poète écossais) doit être l’un des doyens (en terme d’âge j’entends) de .org, avec quarante berges bien tassées (c’est en quelques sortes le Bax360 des States). Hommage à Osamu Tezuka et Kenji Miyazawa et nourrit de culture bouddhiste (le trip de se sentir connecté avec l’environnement et les individus qui nous entourent, grosso modo), Undiscovered Countries est bourré de références et de symboles. Et puis même sans y faire attention, il y a un tel niveau de ‘spirit’ (MoC®) qu’on se laisse volontiers emporter.

 

# Outside of Consciousnesses (2005), Pillsation (2007) & Spleen (2008)

Bienvenue à Junkyland. Trois auteurs inspirés nous gratifient ici de leurs pétards digitaux : Sheperd, Reznic & [Stuff].

Pour l’ukrainien, créateur d’Outside of Counsciousnesses, on peut supposer que l’air de Pripiat aide aux connections nerveuses les plus suspectes… Au travers de ce clip, c’est un voyage initiatique dans l’entre-deux qui nous est proposé ; ou plutôt dans l’outre-deux devrais-je dire. Avis aux amateurs d’Enter the Void (film de Gaspar Noe), le style pornographique en moins.

Quant à Pillsation et Spleen, dont les papas sont français : le premier nous convie à un intriguant ballet funeste orchestré par la trance psychédélique d’Infected Mushroom, alors que le second pose des images sur les mots de Baudelaire, chantés par Saez.

Bref, trois clips à l’effet… stupéfiant, justement.

 

# A Godawful Small Affair (2002), ntyfive² (2005) & Noir Poetry (2007)

Le coin des pessimistes, portraits de la cupidité.

AbsoluteDestiny est bien connu pour être l’auteur du déjanté Do It Right (Shake It!) ou encore de l’endiablé Shameless Rock Video, accompagné de Ray Charles et des Blues Brothers d’une part, de Deep Purple d’autre part. Mais au côté de la tonitruance se tient A God-Awful Small Affair, sans doute un peu moins connu, quoi que tout de même classique. Situé sur un registre beaucoup plus grave que les deux susnommés, le clip mélange l’anime Metropolis de 2001 avec le célèbre film muet de 1927 du même nom, dont il s’inspire, sur une magnifique musique de David Bowie, Life on Mars.

A côté de ça, ntyfive² tente de donner corps au topissime morceau de Zager & Evans, In the Year 2525 (Exordium and Terminus). Et Janzki illustre plutôt avec réussite et subtilité cette ode à la déchéance, alors que, sur le papier, mêler Evangelion, Tokyo Godfathers, Nausicaa et FLCL (entre autres) semblait plutôt extravaguant…

Quant à Noir Poetry, c’est simplement un clip qui saura toujours prendre par les sentiments le fanboy que je suis de Kenshin et de Noir Désir. Merci [Stuff].

 

# Haibane Ceiling (2003), Untitled Zero One (2004) & Bucephalus Bouncing Recursive (2006)

Ces trois clips sont caractérisables par leur côté obsessionnel, mécanique et répétitif. Untitled Zero One de Willow et Bucephalus Bouncing Recursive (un Multi Editors Project d’Atvaark, Kragdrim, Nostromo et Willow) s’inscrivent justement dans le prolongement des bases lancées par Anthem (Atvaark) dans la communauté française à la fin de l’année 2003, reposant sur le principe de récursivité (lui-même s’inscrivant dans la démarche intellectuelle plus large de l’ouclipo, visant à questionner et contourner certaines contraintes dans la conception d’AMV). Bien que la récursivité soit moins présente dans le clip de David Violence, Haibane Ceiling (conçu quelques mois avant Anthem), on note tout de même des similitudes dans la démarche.

Untitled Zero One fût mon premier contact avec ce « type de clips », et c’est encore aujourd’hui un de mes favoris parmi eux. Quant à Bucehalus Bouncing Recursive, ce n’est pas qu’un simple clip, c’est une aventure (déconseillée aux épileptiques par contre). Aventure à laquelle Gwench avait consacré un billet à l’époque, d’ailleurs.

 

Place maintenant à ma Salât, les cinq vidéos que vous devez absolument avoir sur votre disque dur. Inutile de vous tourner vers la qibla cependant.

      3 comments for “Gloubi-Boulga…

    1. Gwench
      31 octobre 2011 at 1:42

      C’est amusant, parce que finalement, je ne dois pas en avoir beaucoup en commun avec toi, peut-être 3-4… Comme quoi, ce qui nous amène aux AMV, c’est super varié. :)

    2. 2 novembre 2011 at 1:56

      Très sympa cette compil rétro. J’y ai même découvert quelques clips que je connaissais pas. Le Undiscovered Countries est particulièrement bon (surtout la deuxième partie du clip). Le Metropolis aussi est très sympa.

    3. Kaohmin
      2 novembre 2011 at 23:50

      Merci du retour chers « collègues » (oui, c’est une subtile façon d’implorer d’autres réactions ;p).

      @ Gwench : les 3-4 plus vieux j’imagine, vieux matou.
      @ Snow : si tu as pu découvrir et apprécier au moins quelques clips, alors l’intérêt du billet est sauf. Ouf. ^^

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