Le travail collectif

… ou comment prendre un exemple de deux ans pour en parler.

Dans la galaxie AMV, il existe toutes sortes de planètes : Iron Chef, clips classiques, clips déjantés, ouclipo, etc. Et il y a une planète justement qui est très intéressante car elle nécessite une agglomération de clippeurs importante : les projets-multi. Faire un clip à plusieurs, parfois autour d’un thème, le plus souvent autour d’une musique, c’est -je trouve- le genre de projet AMV qui mérite le plus de respect. Parce que soit ça passe, soit ça casse. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre homogénéité et liberté créative. On peut se retrouver avec des MEP (c’est leur petit nom, pour Multi-Editors Project) franchement lassant, parce que d’une track (piste, dans le jargon du meppeur… :D) à l’autre, on se retrouve avec des ambiances totalement décalées, opposées, etc. Comme si on reconstituait un gâteau : une tranche après l’autre, sans qu’il y ait forcément de lien direct entre les deux… Pourtant, parfois, même quand ça n’a ni queue ni tête, on arrive à quelque chose de cohérent (un coup d’oeil vers le encore-récent MEDness, par exemple ;)). D’un autre côté, on se retrouve aussi avec des clips où tout coule tout seul de la première à la dernière seconde. C’est notamment le cas des projets Memory Flash (1, 2 et 3, ce dernier j’y reviendrai un jour dans un billet à part).

Bon, jusque là, je ne dois pas vous apprendre grand-chose, et ce n’est pas vraiment le but du billet (même si c’est toujours utile d’en parler). En fait, à part pour le MEDness, où il ne m’avait pas fallu un grand talent pour participer, je n’avais jamais pris part à un projet multi. Enfin, si… Au projet 5555 de la Team Smahut, projet mort-né au second opus… Depuis 2 ans, je participe à l’élaboration d’un MEP. J’ai découvert les difficultés inhérentes au genre : mettre 100 000 fois le métier sur l’ouvrage, jusqu’à obtenir quelque chose qui satisfasse le plus grand nombre. Le genre de contrainte qui, pour un clip perso, me ferait vite passer à l’encodage final par fainéantise. J’ai découvert le travail en équipe, quand quelqu’un vous fournit la scène qu’il vous fallait pile-poil. J’ai découvert la frustration énorme du projet qui plante, de l’ordinateur qui plante, des tracks des collègues qui subissent le même sort. L’aspect matériel est soudainement amplifié par le fait qu’on soit plusieurs sur le clip, car chaque problème retarde d’autant de temps l’avancée globale du projet. Et puisqu’il s’agit ici de V3RSUS dont je parle, vous l’aviez deviné, j’ai pu bien voir le retard qu’on peut prendre. Et puis, mine de rien, un MEP, c’est une PME en fait : faut faire du micro-management, relancer ses collègues, les harceler parfois, voire les virer purement et simplement. V3RSUS, ce fut tout ça à la fois. Le meneur, Snowcrash, a dû déprimer de nombreuses fois… ^^ » Et, de tout cela, je n’en avais pas conscience. Ben oui, entre 2003 et 2008, je n’avais jamais rien fait avec qui que ce soit, me contentant de clipper dans mon coin. Depuis 2 ans, j’ai bien rattrapé mon retard, quand même. ^^ »

Maintenant que je suis presque totalement sorti de ma première expérience dans le domaine, je dirais avec du recul que c’est ce qui est le plus intéressant dans la vie d’un clippeur. Parvenir à donner corps à une idée perso, c’est déjà fantastique. L’imagination, y’a rien de mieux pour s’évader des galères du quotidien. Mais parvenir à donner corps à quelque chose à plusieurs, là, c’est le pied. Et puis, j’ai eu l’impression de progresser plus vite pour me mettre au niveau de mes camarades (qui poutrent, vous verrez !). Je n’avais jamais touché à After Effects ? Maintenant, je suis dépucelé avec ma première véritable rotoscopie ! Je n’avais jamais retouché mes clips plus de 3-4 fois ? Là, j’ai dû mettre les mains dans le cambouis des dizaines de fois, parfois juste pour un pixel qui faisait suer. En solo, on se fout parfois des imperfections ; en groupe, obligé de se mettre au diapason.

Pour finir sur V3RSUS, je pense savoir que le clip va manger quelques critiques sur la durée de développement, là où un MF3 n’a pris « que » 6 mois. Mais je pense aussi que beaucoup de personnes apprécieront ce clip pour ce qu’il sera : un MEP original. Pas comme le MF, mais quand même. On sera loin d’un AMV Hell, d’un MEDness ou d’un autre type de MEP « basique ». Et c’est aussi ça qui donne la motivation d’aller au bout. Le reste, autour, c’est du bonus, de la décompression, … En tout cas, ça me donnerait presque envie de remettre les mains dans le moteur en participant à un autre MEP… même si mon niveau global est tout de même loin de ce qui se fait en général.

      5 comments for “Le travail collectif

    1. Kaiser Panda
      14 juin 2010 at 13:12

      Emouvant…

      Et tellement vrai, je plussoie tout sur le coté "apprentissage de la vie" (notamment AE & le coté management ^^°).

      T’es un bon gars le Gwench, bravo d’etre arrivé en vie au bout ! \o/

    2. 16 juin 2010 at 13:21

      "Et puis, mine de rien, un MEP, c’est une PME en fait"
      J’aime!

      En tout cas, oui, un MEP, c’est du boulot considérable, y’a pas à en douter ._.

    3. SoH
      19 juin 2010 at 16:58

      Bel article, bien joué pour ton premier MEP.

    4. 19 juin 2010 at 17:33

      Ma première +participation+ à un MEP, parce que c’est un projet de Snow. ^^

    5. Cross
      27 juin 2010 at 20:52

      Je ne peux que partager l’article. Je me souviens d’Acid ou de MEP avec d’autres, le travail d’équipe est véritablement le coeur des MEPs.
      Très bel article. Et GG pour Versus.

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